Le rêve américain d’Alexandre PICHAT

Lors de la saison 2015/2016, Alexandre PICHAT, un jeune Gone, est parti vivre son rêve américain, à la High School de Noblesville, dans l’Indiana. Tout en suivant ses études, il a pu ainsi intégrer l’équipe de Football Américain des NOBLESVILLE MILLERS !

> Comment s’est passé ton arrivée aux Etats-Unis ?

« Je suis arrivé en Août 2015, près d’Indianapolis où j’ai découvert une famille d’accueil très gentille, avec notamment trois garçons qui sont vite devenus mes « trois frères d’accueil ». Au départ, je m’imaginais les Etats-Unis un peu comme dans les films, un peu le pays parfait, mais bien sûr la réalité est un peu différente quand même. Ma famille est venue me chercher à l’aéroport avec des pancartes « Welcome Alex » ; mon intégration a été assez facile, nous sommes allés manger tous ensemble, puis tout de suite nous sommes allés visiter le lycée et les infrastructures sportives. Ce qui m’a tout de suite frappé c’est la démesure ; tout est très grand là-bas. Et puis il y a la gentillesse des Américains, ils sont très accueillants ».

> Y a-t-il eu des moments plus difficiles ?

« Bien sûr, car déjà avant de se lancer dans cette aventure, ce n’est pas une décision qu’on prend à la légère. Ça implique beaucoup d’argent et de temps afin de préparer le voyage. Il faut aussi être irréprochable au lycée l’année avant de partir et être bon en anglais bien sûr. Après, une fois sur place il y a eu quelques petits moments de solitude. »

> Que peux-tu nous dire sur ton expérience sportive ? Sur la culture du Football Américain aux Etats-Unis ?

« Mon premier contact avec le Foot US fut avec le Head Coach de l’équipe et le manager sportif de la High School. Puis après les avoir rencontré, ils m’ont vite présenté à l’équipe et aux différents coachs. Le plus marquant là-bas, c’est le nombre de personnes impliquées dans l’équipe ; on avait une quinzaine de coachs, des kinés, des préparateurs physiques, des « managers » (sorte d’intendantes ; des filles du lycée qui s’occupaient des équipements, des maillots et apportaient de l’eau sur le terrain pendant les matchs et les entrainements). Les mamans des joueurs étaient aussi très impliquées et s’occupaient des repas de l’équipe. C’était extraordinaire, il y avait également des Cheerleaders et toujours de nombreux lycéens lors de nos matchs. Aux Etats-Unis, le « Football », c’est vraiment plus qu’un sport c’est une manière de vivre. C’est vrai que le rapport avec le Football Américain là-bas est vraiment très différent par rapport à ici, c’est LE sport national donc la mentalité là-bas est comparable à l’engouement qu’il y a en France pour le Football (Soccer), avec beaucoup de personnes très impliquées dans leur sport qui pensent « Football » 24 heures /24. »

> Et plus précisément par rapport au terrain, comment s’organisaient les entraînements et la compétition ?

« Aux Etats-Unis, l’année est découpée en deux parties ; la saison régulière et les play-offs d’Août à fin Novembre, avec deux matchs (un avec l’équipe 1, un avec l’équipe 2) et 6 entrainements par semaine du lundi au samedi, et la présaison de l’année suivante de Janvier à Août avec principalement du physique 3 à 4 fois par semaine durant la période scolaire, des entrainements matin et après-midi durant les vacances d’été accompagnés d’un camp obligatoire pour toute l’équipe dans une université de la région. Au fin    al la saison est très courte et demande donc une très grande implication sur les 4 mois de compétition. La préparation d’un match se faisait tout au long de la semaine avec des séances vidéo, des entrainements adaptés où l’équipe 2 devait jouer comme celle que l’équipe 1 allait rencontrer, pour s’entrainer. Et l’entraînement du jeudi, le dernier avant le match, se faisait simplement avec le casque sur le terrain officiel, pour finaliser la préparation au match du lendemain. »

« Là-bas j’ai surtout appris l’importance du travail ;
travailler avec rigueur et régularité. »

> Quelle expérience humaine as-tu vécu sur le terrain ?

« Ce qui m’a beaucoup marqué c’est le lien, très fort entre les joueurs qui jouent depuis tout petit ensemble et qui ne changent pas ou presque pas d’école du primaire au lycée. En plus, nous étions presque tout le temps ensemble puisque nos emplois du temps étaient très chargés avec les entrainements ; finalement, nous étions comme une petite communauté…et mon plus grand regret durant cette saison a été de ne pas passer le deuxième tour des play-offs avec mon équipe. »

> Quel autre souvenir marquant pourrais-tu nous faire partager ?

« Mon meilleur souvenir fut le Match de NFL que j’ai vu à Cincinnati avec mon « père d’accueil » qui opposait les Bengals aux Seattle Seahawks ! »

> Globalement, qu’est-ce que cette année t’a apporté ?

« Sur le plan sportif, j’ai beaucoup avancé techniquement et physiquement. Humainement, j’ai vraiment appris à m’ouvrir, à écouter les autres. A comprendre les désirs de chacun. Ça m’as permis de gagner en confiance aussi et ça m’a rendu plus responsable. Ça m’a aussi ouvert les yeux sur beaucoup de choses, j’ai vu des personnes extrêmement généreuses, qui m’ont donné des opportunités de montrer ce que je valais. J’ai aussi beaucoup appris sur moi, ça m’as permis d’être plus lucide sur moi-même. Et enfin, par ma passion pour le Football Américain, j’avais des notions de l’esprit d’équipe, du fait de se sacrifier et de tout donner pour ses frères. Mais là-bas j’ai surtout appris l’importance du travail ; travailler avec rigueur et régularité. »